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Nathalie Heinich, « La culture de la célébrité en France et dans les pays anglophones. Une approche comparative », Revue française de sociologie, 52-2, 2011, p. 353-372.

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Chaque livre, chaque article de Nathalie Heinich est un ravissement. Sa récente contribution à la Revue française de sociologie n’échappe pas à la règle.

« En 1978, le critique de cinéma américain James Monaco remarquait, dans une annexe bibliographique de sa compilation intitulée Celebrity (1978), que « pas grand-chose d’intéressant n’a été écrit sur le phénomène de la célébrité » ; il citait moins d’une dizaine de références sur le sujet : deux Français (Edgar Morin et Roland Barthes) et, pour ce qui est de la culture anglophone, deux ouvrages généraux (Thomas Carlyle sur les héros et C. Wright Mills sur l’élite du pouvoir), quatre spécialistes américains du cinéma, dont lui-même, ainsi que le pamphlet contre « l’image » publié à New York par l’historien Daniel Boorstin (1961) une quinzaine d’années auparavant.
Une génération plus tard, en 2006, une volumineuse anthologie sur la « celebrity culture », compilée par le spécialiste des médias canadien P. David Marshall (2006) comprendra dans sa bibliographie environ vingt-cinq ouvrages universitaires en langue anglaise consacrés à la célébrité en tant que telle, qu’il s’agisse du phénomène même de la renommée, des personnalités ou de leurs admirateurs (les fans) ; à quoi s’ajoutent ceux, nombreux, prenant pour objet les acteurs, la culture populaire, la télévision, etc., ainsi qu’un grand nombre d’articles. Voilà qui illustre la vitalité d’un courant clairement identifié comme tel dans le monde anglophone – que ce soit aux États-Unis, au Canada, en Grande-Bretagne ou en Australie –, et qui s’est spectaculairement développé à partir de la fin des années 1970 sous le terme de « celebrity culture » (...). »

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